Expositions temporaires

  • Biegas i Ukraina

    Biegas et l’Ukraine

    Commissariat / Kuratorka wystawy
    Anna Aurelia Bieniek

    10.04. – 23.05. 2026

    Vernissage / Wernisaż
    10 avril 2026, 19h00

    L’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris présente une exposition consacrée à Boleslas Biegas, mettant en valeur la richesse de son œuvre qui se trouve dans les collections de l’Institut.

    L’exposition propose une immersion dans l’univers créatif de l’artiste, à la croisée de la sculpture, de la peinture et de l’expérimentation formelle. Elle met en lumière la diversité de sa production ainsi que la singularité de sa vision artistique.

    L’exposition souligne aussi les liens étroits que Biegas entretenait avec l’Ukraine. L’artiste y créa et exposa plusieurs œuvres et y séjourna régulièrement, notamment à Masłówka chez ses mécènes, les barons Trutschel. Ces échanges constituent un élément essentiel du dialogue historique et artistique développé autour de l’exposition, consacré aux relations entre la France, la Pologne et l’Ukraine.

    Peintures, sculptures, photographies, tissus et meubles réalisés en Ukraine lors de ses séjours seront présentés afin d’illustrer l’ampleur de son œuvre et en révèlent la dimension interculturelle.

  • c’est notre HISTOIRE

    COLLECTION PHOTOGRAPHIQUE
    de la Bibliothèque Polonaise de Paris

    3 mars 2026 – 5 février 2027

    Invitation (pdf)

    Le fonds photographique de la Bibliothèque polonaise de Paris compte une dizaine de milliers de pièces, sans constituer pour autant un ensemble homogène. Actuellement, il s’est réparti entre le Département des archives et celui des collections artistiques. Cet état de fait s’explique à la fois par l’histoire de notre institution, légataire de dons faits par les émigrés, et par la gestion des documents collectés. Notons que les photographies complétaient généralement des dons d’autres pièces ou des fonds d’archives légués à la Bibliothèque, comme c’est le cas de la précieuse collection de Kamil Gronkowski.

    Le fonds le plus vaste – daguerréotypes, négatifs sur verre, albums photographiques et tirages réalisés dans diverses techniques qui datent principalement du XIXe et du début du XXe siècles – est constitué par la collection de Władysław Mickiewicz ; il fut directeur de la Bibliothèque pendant près de trente ans, figure de proue de l’émigration parisienne, fondateur du premier musée de la Bibliothèque dédié à Adam Mickiewicz, son père.

    Le deuxième ensemble, par son importance et sa valeur, est le fonds de photographies du XIXe et du début du XXe siècles, issu des archives de la famille Gałęzowski (Seweryn, Jan et Ksawery). Distinguons, dans cet ensemble, de nombreuses photographies réalisées par le très actif photographe amateur Jan Lipkowski, gendre de Józef Gałęzowski.

    Les premiers efforts de classement du fonds photographique de la Bibliothèque remontent aux années trente du XXe siècle, mais, pour diverses raisons, ils n’ont pas été menés à terme. Après la Seconde Guerre mondiale, la gestion des collections se voit modifiée, il fallait avant tout répondre rapidement aux requêtes de recherche adressées à la Bibliothèque. Pour cette raison, on retirait les photographies de leurs legs et collections d’origine, puis on les regroupait pour servir de matériel iconographique, sans toujours annoter leur provenance. C’est ainsi que les photographies se sont retrouvées réparties entre différents départements de la Bibliothèque.

    Dans le Département des archives, il est possible d’identifier les photographies grâce à l’enregistrement des legs dans les Catalogues des manuscrits, déjà publiés. Durant les années 1980, ce sont des bénévoles qui ont classé les photos intégrées à la collection iconographique. Nous leur devons donc le premier répertoire thématique des photographies, sous forme d’enveloppes dédiées à des personnalités de l’émigration et à ses institutions. Ce n’est qu’en 2006 qu’a débuté le classement raisonné de la collection photographique de la Bibliothèque. Initialement, cette mission a été confiée à Małgorzata Maria Grąbczewska qui a retiré les tirages du fonds iconographique, puis commencé à les inventorier selon un modèle préétabli.

    À côté des daguerréotypes de grande valeur, la collection de la Bibliothèque comprend de précieux tirages, parfois accompagnés de négatifs, réalisés par de nombreux photographes français et polonais de renom qui travaillaient en France, Pologne, Allemagne, Italie, en Scandinavie et dans d’autres pays, aussi en dehors de l’Europe. Leurs thèmes sont très variés. Outre le portrait, notamment des personnalités de la vie sociale et politique, nous y trouvons paysages, vues de villes et d’édifices, tombes d’émigrés polonais, objets militaires, albums de famille, reproductions d’œuvres d’art, ou encore des pièces documentant le travail des artistes et de leur milieu. S’y trouvent également des photos de grande valeur historique qui représentent des événements de la vie de l’émigration ou d’autres qui ont eu lieu sur les terres polonaises.

    La subvention du ministère polonais de la Culture et du Patrimoine national, accordée dans le cadre du projet « Protection du patrimoine culturel à l’étranger », a permis la numérisation et la mise à disposition du public de 1500 premières photographies, en 2016, sur le portail PAUart.pl. Celles-ci datent, pour la plupart, du XIXe siècle, elles représentent des émigrés polonais et constituent aujourd’hui un matériau source important pour l’étude de la culture des émigrés polonais en France. Leur classement, leur numérisation et la mise en ligne se poursuivent.

    L’histoire de ce fonds photographique débute presque dès l’arrivée en France de la Grande émigration polonaise, suite à l’Insurrection de novembre 1831.

    Les premières, les plus anciennes photographies, les daguerréotypes – la majeure partie provient de la collection de Władysław Mickiewicz – présentent des portraits de diverses personnalités et, parmi elles, du poète Adam Mickiewicz et de son épouse, Celina Szymanowska ; du géologue, ingénieur des mines et explorateur de l’Amérique du Sud Ignacy Domeyko et de son épouse ; du chirurgien Seweryn Gałęzowski qui a grandement contribué à l’essor de l’École polonaise de Paris, des portraits de la famille Gronkowski, etc. Parmi les pièces les plus précieuses se trouvent les portraits d’Adam Mickiewicz réalisés par Michał Szweycer et par Nadar, ainsi que ceux, nombreux, de Władysław Mickiewicz et de sa famille, puis le portrait majestueux, empreint de solennité, du prince Adam Jerzy Czartoryski et de ses fils, dont Nadar est l’auteur.

    Au cours du XIXe siècle, les portraits photo de petite taille, au format dit « carte de visite », étaient très en vogue. La collection de la Bibliothèque assemble plus de 900 photographies de ce type réalisées dans des studios tant français que polonais.

    Cet ensemble de photographies anciennes est enrichi par des albums qui couvrent un large spectre de sujets, allant des paysages, villes, monuments, comme l’album de grand format avec les vues et les monuments de Russie datant d’environ 1870, aux photos à caractère privé, comme c’est le cas de l’album de Bogusław Kraszewski, où est représentée la famille Dołhe. Le thème de la guerre est abordé dans l’album Ansichten vom Kriegsschauplatze, publié par Friedrich Bruckmann en 1871, avec des photographies de grand format de la guerre franco-prussienne, ou encore dans l’album qui documente la vie dans les camps de l’armée polonaise à La Mandria di Chivasso, en 1919.

    Les photographies qui illustrent la construction des structures industrielles constituent un autre thème important, captivant, comme celles prises par Wilhelm Russ, dans des mines et des puits de pétrole en Pologne, vers 1923, ou bien les photos du paysage urbain de Gdynia dans les années 1930. La collection comprend aussi des reproductions d’œuvres d’art ou leurs interprétations, comme c’est la cas dans l’album de sculptures vivantes par Olga Desmond (Lebende Marmor Bildwerke vom Schönheit Abend), de l’artiste photographe berlinois Otto Skowraneck, ou encore l’album de Stanisław Londyński sur l’installation du monument d’Adam Mickiewicz à Paris…

    Lors de diverses expositions, on utilise fréquemment des photographies qui présentent l’atelier de la peintre Olga Boznańska ainsi que des sculpteurs Bolesław Biegas, Franciszek Black et Edward Wittig ; ces clichés, outre leurs portraits, leurs œuvres et l’intérieur de leurs ateliers, montrent le cercle familial des artistes, leurs connaissances, amis et commanditaires. Une partie importante du fonds comporte les reproductions d’œuvres d’art, et là notons Józefa Bułhakówna qui y excellait. Dans les années 1930 furent prises des photographies des peintures à l’huile de Łazienki Królewskie (palais « Bains royaux » de Varsovie) ; nous retrouvons, dans cet ensemble, des photographies des pièces que l’on considère comme disparues pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui ne sont connues que par des reproductions floues de catalogues.

    Les paysages italiens des frères Alinari, les vues d’Égypte, les œuvres de Michał Greim, Karol Beyer et les vues de Vilnius d’Abdon Korzon montrent les intérêts de ces artistes photographes, le choix et leur interprétation du sujet. Ces photographies témoignent de la fascination pour la liberté que la technique photographique leur offre, pour la richesse des possibilités créatives, et cela grâce à un processus en constante évolution, grâce aussi à la volonté d’approfondir les secrets techniques. Notons que plusieurs photographes polonais travaillant en France ont contribué à l’amélioration de la technique photographique.

    Une section à part de l’exposition est dédiée aux photographies prises lors des commémorations et des événements organisés par l’émigration polonaise à la Bibliothèque Polonaise de Paris, depuis la fin du XXe siècle à nos jours. Ces photos, sous forme de streaming, réalisées pour la plupart par l’équipe de la Bibliothèque mais aussi par des professionnels, ont été sélectionnées parmi des centaines de documents iconographiques. Nous souhaitons ainsi rappeler les fonctions de notre institution et son importance dans la vie de l’émigration. La Société historique et littéraire, son Conseil et sa Commission scientifique composée d’éminents spécialistes polonais et français du monde de la recherche ont joué et continuent de jouer un rôle tout particulier à cet égard.

    Remerciements :

    C. Pierre Zaleski, Maciej Forycki, Janusz Pezda, Aneta Nisiobęcka, Małgorzata Maria Grąbczewska, Andrzej Biernat, Anna Ciesielska-Ribard, Natalia Zambrowicz, Hanna Zaworonko et les collègues de la Bibliothèque Polonaise de Paris, tout particulièrement du département des collections artistiques.
    Commissaire de l’exposition : Anna Czarnocka.
    Diaporama Histoire moderne : Hanna Zaworonko.
    Préparation des œuvres : Sylwia Milewska. Préparation de la salle : Robert Korey.
    Conception graphique : Beata Skrzypek

Expositions précédentes:

  • Un des mondes

    Pierres sensibles et homologies inattendues

    Matylda Tracewska

    Commissariat d’exposition : Eleonora Savorelli
    Production : MuPa / Museion Paris

    6–31 mars 2026

    Vernissage le 10 mars 2026 à 19h

    « L’un des mondes – Pierres sensibles et homologies inattendues » est un projet à l’intersection des sciences naturelles, de l’ethnologie et de la philosophie. Le point de départ de cette recherche artistique tient dans les échanges portant sur des pierres spécifiques, témoins symboliques de la naissance de la vie sur Terre, trait d’union entre la matière inerte et la vie : les stromatolithes.

    Matylda Tracewska, artiste polonaise née en 1978, a été formée à l’académie des Beaux-Arts de Ravenne, département mosaïque (2007-2009) après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie (1999-2005).

    Elle remporte en 2009 le prix Tesi décerné par l’académie de Ravenne, et en 2017,  le premier prix dans la catégorie mosaïque expérimentale attribué par le GAEM (Giovani Artisti E Mosaico) lors de l’exposition au MAR de Ravenne. Ses œuvres ont été exposées en Italie, en France, au Japon, en Turquie, en Russie et en Angleterre, aussi bien lors d’expositions personnelles que collectives.

    « Un des mondes. Pierres sensibles et homologies inattendues » est le titre de l’exposition de restitution de la résidence d’artiste qu’elle a réalisée en 2025. Organisée par MuPa et construite en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MnHn) de Paris, cette résidence a été accompagnée par la curatrice italienne Eleonora Savorelli qui a travaillé avec l’artiste tout au long du parcours de création et qui assure le commissariat des deux expositions de restitution. Une première exposition de restitution de ces créations s’est tenue à Ravenne au MAR (Musée d’art de la ville de Ravenne) dans le cadre de la 9ème Biennale de mosaïque contemporaine.

    Après une 1ère semaine exploratoire au printemps 2025, Matylda Tracewska a effectué une résidence d’un mois, en septembre 2025, au sein des locaux de l’Institut de Minéralogie, de Physique des Matériaux et de Cosmochimie (IMPMC) et du Muséum. Tracewska et Savorelli ont bénéficié d’échanges fructueux avec les scientifiques du laboratoire, particulièrement Pierre Sans-Jofre Maître de conférence et responsable de la collection de géologie et de minéralogie du Muséum et Sylvain Bernard, chercheur et directeur adjoint de l’IMPMC.

    Cette exposition rend compte du travail de création et de la grande profondeur de rencontre entre Matylda Traceska et les équipes du Museum, grâce notamment à la très grande liberté laissée à l’artiste, et à l’importante implication de Pierre Sans-Jofre et de Sylvain Bernard. Cette résidence a permis d’enrichir le travail de Matylda Tracewska, grâce aux multiples échanges avec les scientifiques, tandis que le regard que portent ces derniers sur leur objet d’étude s’est trouvé modifié par l’approche sensible apportée par l’artiste.

    MuPa vise à faire connaître à un large public le travail d’artistes contemporains expérimentant le medium de la mosaïque au travers de l’organisation d’exposition, de publication et de projets artistiques…. Elle tient également à accompagner les artistes dans leur processus de recherche et de production, notamment en organisant des résidences d’artistes.

  • Georges Van Haardt / Yann Toma

    Dialogue à distance

    Commissariat d’exposition
    d’Anna Szyjkowska-Piotrowska

    Vernissage de l’exposition le jeudi 5 février 2026

    Exposition ouverte du 06.02.2026 au 31.03.2026

    Jerzy Brodnicki (dit Georges van Haardt) est une personnalité exceptionnelle. L’œuvre de cet artiste d’avant-garde se trouve presque intégralement dans la collection de l’IBPP. Van Haardt a connu un grand succès à Paris, à Varsovie et dans le monde entier. Cette exposition est le fruit d’une coopération inédite et expérimentale avec un artiste français reconnu internationalement, Yann Toma, qui établit un dialogue avec l’œuvre de Georges van Haardt.

  • Janvier comme jeunesse

    Exposition Le Monde merveilleux des livres illustrés dans le cadre de « Janvier comme jeunesse » à la Bibliothèque Polonaise de Paris.

    Cette année 2026 est placée sous le signe de Jan Brzechwa dont c’est le soixantième anniversaire de la mort. En collaboration avec la Librairie polonaise de Paris, des artistes et des collectionneurs, La Bibliothèque Polonaise de Paris présente des livres pour enfants publiés en France et illustrés par des artistes polonais. La diversité des titres et les illustrations de nombreux auteurs de haut niveau témoignent du développement dynamique et de la richesse des idées de la littérature pour enfants et adolescents. Non seulement elle n’a pas disparu à l’ère de l’électronique et des téléphones portables, mais elle continue de leur faire concurrence.

    L’exposition ainsi que les ateliers organisés tous les samedis de janvier sont destinés aux enfants des maternelles et primaires, accompagnés de leurs parents.

  • Passé recomposé. Hubert Czerepok

    Commissaires d’exposition / Kuratorki wystawy :
    Sylwia Szymaniak, Agnieszka Wiatrzyk

    16.11.2025 – 23.12.2025

    informations / więcej informacji : biuro@ibpp.eu

    • Vernissage de l’exposition
    • Invitation (pdf)

    REMARQES PRÉLIMINAIRES

    C’est avec un véritable plaisir que nous ouvrons, dans l’espace de l’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris, l’exposition le « Passé recomposé » de Hubert Czerepok, artiste contemporain de renom, expérimentateur, professeur d’arts plastiques et médiatiques qui, dans ses réalisations, exprime avec pertinence ses réflexions sur l’histoire dans des formes artistiques parmi les plus modernes.

    Cette exposition est un nouveau volet d’un cycle d’événements qui permet aux artistes contemporains d’engager un dialogue avec le patrimoine conservé dans la Bibliothèque Polonaise de Paris, une institution qui, depuis près de deux siècles, rassemble et préserve les collections témoignant de l’histoire polonaise.

    Ici, l’artiste entreprend une relecture du romantisme polonais, l’un des phénomènes les plus riches, les plus complexes de notre tradition littéraire et artistique.
    Le romantisme, dont l’apogée a coïncidé avec la perte de l’indépendance du pays, a façonné un modèle culturel qui combine le mythe patriotique et une dense expérience existentielle. C’est à cette époque que, dans différents milieux de l’émigration polonaise de Paris, se forge l’art d’une nation éloignée et d’un État inexistant, cette culture marquée par des tensions entre souvenirs et espoir, entre le sacré et la rébellion, entre la mission collective et l’expérience individuelle de l’artiste.

    En employant le langage de l’art contemporain et des nouvelles technologies, Hubert Czerepok confronte cet héritage romantique aux questions d’identité, de communauté, à cet imaginaire historique qui appartient au monde d’aujourd’hui. Ses oeuvres démontrent que le passé n’est pas un chapitre clos, mais une force vive qui modèle toujours notre vision de nous-mêmes et du monde. L’exposition le « Passé recomposé » est donc une réflexion sur la mémoire en sa qualité de matière de la modernité, sur le mythe national et l’histoire qui, tout en inspirant, incitent à porter un regard critique sur le présent.

    La réalisation de ce projet d’envergure n’aurait pas été possible sans le soutien de nombreuses personnes et institutions à qui nous adressons nos plus vifs remerciements sur les dernières pages du présent catalogue.

    Que cette exposition de Hubert Czerepok soit non seulement un événement artistique, mais aussi une expérience intellectuelle inspirante, l’invitation à appréhender le romantisme polonais de la perspective du XXIe siècle, aussi sensible à la complexité mémorielle, aussi ouverte au dialogue avec le passé.

    Maciej Forycki,
    Professeur, Directeur de l’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris


  • Portrait Familial

    YANN TOMA. PORTRAIT FAMILIAL

    Un commissariat d’exposition d’Anna Szyjkowska-Piotrowska
    Wystawa kuratorowana przez Annę Szyjkowską-Piotrowską

    6.11.2025 – 28.11.2025

    • Vernissage de l’exposition
    • Invitation (pdf)

    Yann Toma présente une série de portraits photographiques bichromiques vibrants qui se réfèrent aux fondamentaux de l’esprit historique et singulier présents depuis la fondation de l’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris. À travers des photographies imprégnées de ce que l’artiste nomme bichromie somatique, l’artiste nous plonge dans les imaginaires de la Pologne et nous invite à un voyage transgénérationnel grâce aux témoignages aptiques, tant visuels que sonores, des personnalités qui font battre le cœur de cette institution. L’artiste remercie chaleureusement de l’accueil exceptionnel dont il a bénéficié.

    Yann Toma est artiste-observateur à l’ONU (New York). Son travail croise l’énergie et les réseaux, tout autant que l’éthique. Ses projets expérimentent une redistribution de l’Energie Artistique (EA) entre l’artiste et la société (Dynamo-Fukushima, Grand Palais, septembre 2011 – Human Energy, Tour Eiffel, décembre 2015 – Human Greenergy, Cité interdite de Pékin, octobre 2016 – Organisation des Nations Unies New York 2017 – Capitalocene, Leroy Neiman Gallery, New York 2019 – Planet Energy Saatchi Gallery 2023, Polarities New York & A Light-World Paris 2024). Son travail artistique fait partie de nombreuses collections et donne lieu à de nombreux écrits. Son œuvre est notamment intégrée à la collection du Centre Georges Pompidou et a été mise à l’inventaire de la collection du Fond National d’Art Contemporain (Palais Farnèse, Rome 2007).

  • Le Monde comme un labyrinthe

    Moreau, Biegas, Garcia Contreras

    L’exposition ouverte
    du 12 septembre au 31 octobre 2025
    du mardi au vendredi de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00
    samedi de 10h00 à 18h00

    INFORMATIONS : a.czarnocka@ibpp.eu , tél. 01 55 42 83 85


    Le 11 septembre 2025, l’exposition « Le Monde comme un labyrinthe » a été inaugurée à la Bibliothèque Polonaise de Paris.

    • Vernissage de l’exposition
    • Invitation (pdf)

    Cette nouvelle exposition des trois artistes que sont Gustave Moreau (1826-1898), Boleslas Biegas (1877-1954) et Alejandro Garcia Contreras (1982-) propose, selon une unité de temps et de lieu, une histoire revisitée du symbolisme. Entre la première et la dernière œuvre, la distinction entre l’art moderne et l’art contemporain, avec ses ambivalences, se dissout. La topographie s’élargit : pour Moreau, enfant terrible de la fin-de-siècle, sa vie s’affine et s’achève à Paris ; Biegas, fils d’un paysan mazovien, est imprégné du folklore et des croyances slaves ; son art et son savoir-faire se forgent lorsque l’artiste traverse l’Europe d’Est en Ouest. Quant à Garcia Contreras, notre contemporain, il se découvre le goût pour la métaphysique dans la région du Chiapas, la terre ancestrale des Mayas, au fond de la jungle mexicaine. Aucun de ces trois récits n’est accompli sans le bestiaire des êtres imaginaires, de la nature de l’infini, de miroirs, de dérive, de réalités parallèles, de l’identité, de l’intangible… pour que chacun, intimement, trouve son labyrinthe.

    Le Monde comme un labyrinthe rassemble une quarantaine d’œuvres comprenant peintures, dessins et sculptures en porcelaine, plâtre et argile. L’exposition est aussi une occasion de revoir ou de découvrir des pièces qui, pour la plupart, n’ont pas été montrées au grand public.

    Le Monde comme un labyrinthe. Moreau, Biegas, Garcia Contreras à la Bibliothèque Polonaise de Paris. Un reportage signé Albane Couterot (12/09/2025)


  • Wanda Ładniewska-Blankenheim (1903-1995)

    Vernissage de l’exposition – le mercredi 11 juin 2025 de 19h à 21h

    Invitation (pdf)

    EXPOSITION OUVERTE
    du 12 juin – 30 août 2025
    du mardi au vendredi de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00
    samedi de 10h00 à 18h00

    Catalogues d’exposition gratuits disponibles sur place.

    INFORMATIONS : a.czarnocka@ibpp.eu , tél. 01 55 42 83 85


    Wanda Ładniewska est née le 17 juin 1903 à Lviv. Elle était la fille d’un médecin, Szymon Ładniewski et Hanna Róża Erdheim. Orpheline de son père très jeune, elle a été élevée par la famille de sa mère.

    En 1913, elle commence à étudier dans un lycée privé. Juliusz Słowacki à Lviv, puis a poursuivi ses études au lycée privé de la Société populaire juive et des écoles secondaires. Elle obtient son certificat de fin d’études secondaires en 1922. La même année, elle s’inscrit à la Faculté de philosophie, rebaptisée plus tard Université des sciences humaines de Jan Kazimierz, où elle étudie la philologie germanique et l’histoire de l’art. Elle obtient son diplôme en 1927.

    Alors qu’elle était encore étudiante, elle rencontra Zygmunt Józef Blankenheim (1899-1944), alors étudiant à l’Université de technologie de Lviv, et le 28 octobre 1928, elle l’épousa.

    Après avoir obtenu son diplôme de l’Université Jan Kazimierz, elle a complété ses études en histoire de l’art aux universités de Vienne et de Graz ainsi qu’à l’Université technologique de Lviv à la Faculté d’architecture. De plus, en 1937, elle participe à un cours organisé à Gdynia par le Holiday Art Institute du ministère des Cultes religieux et de l’Instrument public.

    En 1931, elle réussit l’examen de la Commission d’examen d’État de Lviv pour les candidats à l’enseignement secondaire et, à partir de septembre 1932, elle commença à travailler comme professeur de littérature et de langue allemandes dans les collèges de Lviv, d’abord à l’école secondaire. Jan Długosz, alors au lycée Śniadecki et enfin au lycée Dr. Adela Karp-Fuchsowa. Améliorant ses compétences en études allemandes, elle participe à des cours spécialisés à Graz en 1931 et à Vienne en 1935.

    Le déclenchement de la guerre germano-polonaise ne changea pas grand-chose à la vie des Blankenheim. W. Ładniewska-Blankenheim a continué à travailler comme enseignant au lycée du Dr Adela Karp-Fuchsowa et Zygmunt Blankenheim a continué à travailler comme enseignant à la centrale électrique municipale. Seules l’occupation allemande et la répression contre les Juifs ont poussé les gens à quitter Lviv. À partir de janvier 1942, sous le nom de famille Małyniczów, ils vécurent à Rzeszów, où Wanda Ładniewska-Blankenheim commença à travailler comme enseignant au collège local. Cependant, quelques mois plus tard, à cause du chantage d’un des étudiants, les Blankenheim ont été contraints d’aller plus loin. Déjà en août, ils se sont rendus à Zakopane, où ils sont restés 5 mois. Le 17 janvier 1943, ils furent tous deux arrêtés par la Gestapo. Pendant le premier mois, ils ont été emprisonnés à Zakopane, cachant toujours leur origine et leur religion. De là, ils ont été transportés via Cracovie jusqu’à Auschwitz à la mi-mars. Ici, ils furent séparés, Zygmunt Blankenheim resta à Oświęcim, où il mourut fin 1944. Wanda Ładniewska-Blankenheim fut placée à Birkenau. Pendant son séjour dans le camp, grâce à ses compétences, elle a travaillé comme dessinatrice dans un laboratoire de culture du caoutchouc à Rajsko, à proximité, redessinant des préparations microscopiques.

    À la suite de la liquidation du camp le 18 janvier 1945, elle fut transportée vers les camps de Ravensbrück, Malchów et enfin à Leipzig, d’où elle réussit à s’échapper début avril. Elle s’est cachée jusqu’au 25 avril 1945, date à laquelle les Américains sont entrés. Après la fin de la guerre, elle décide de revenir de Pologne. Elle vécut à Varsovie et à partir du 1er juin 1945, elle travailla au ministère de l’Éducation en tant que conseillère ministérielle provisoire. Au bout d’un an, elle demanda à être libérée de son travail et finalement, après avoir obtenu un visa pour l’Équateur, elle quitta la Pologne au milieu de l’année 1946. À partir du 19 décembre 1946, elle séjourne définitivement à Paris et ne se rend en Equateur qu’en 1951, et uniquement à des fins touristiques pendant environ deux mois.

    Après son arrivée à Paris, Wanda Ładniewska a commencé à travailler à la « Gazeta Polska », d’abord comme correctrice, puis dans le département culturel en tant que critique d’art, rédigeant des critiques de films et d’expositions, réalisant des entretiens avec des artistes et informant la communauté franco-polonaise sur l’actualité, état de la culture dans le pays. Puis, de 1952 à 1961, elle travaille comme professeur de langue polonaise au Lycée Polonais de Paris.

    Alors qu’elle travaillait encore à la « Gazeta Polska », elle commença en 1950 des études de sculpture dans l’atelier du prof. E. Auricoste à l’Académie de la Grande Chaumière. Sa spécialité était la sculpture et le travail des médaillons.

    Les expériences de guerre et de camp ont laissé une énorme marque dans sa vie et son travail. Elle a appartenu pendant de nombreuses années à l’Amicale d’Auschwitz et des Camps de Haute-Silésie. Les problèmes du camp sont visibles à la fois dans ses articles publiés dans « Gazeta Polska » et dans ses œuvres sculpturales, par exemple la série « Oświęcim ».

    Les sculptures de Wanda Ładniewska ont été exposées dans de nombreuses expositions, notamment: au Musée Rodin (1950), à la Société des Artistes Indépendants (1958-1960), au Salon de la Jeune Sculpture (1961-1963), à l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs (1965) et au Salon d’ Art Sacré et d’Expression Spirituelle (1967-1971), Salon Interrégional de la Gravure Originale (1975-1991), à la Galerie Daberkow de Francfort (1973), à la Galerie Gutenberg de Strasbourg (1975), et à de nombreuses reprises au Salon d ‘Automne à Paris (1963-1982). Par ailleurs, elle réalise également deux expositions individuelles, à la galerie Woodstock du 2 au 21 mars 1964 et à la galerie Lambert du 14 février au 8 mars 1969. L’exposition de ses estampes à la galerie de Villiers en 1975 est également d’une grande importance.

    Parmi ses œuvres les plus célèbres, citons le médaillon d’Adam Mickiewicz, réalisé en 1955, à l’occasion de l’année Mickiewicz, pour le lycée polonais de Paris. En 1946, elle reçoit la Médaille de la Victoire et de la Liberté.

    Wanda Ładniewska est décédée à Paris en 1995.

  • OLGA BOZNAŃSKA (1865-1940)

    OLGA BOZNAŃSKA (1865-1940). Philosophie du portrait

    Vernissage de l’exposition – le vendredi 4 avril 2025 de 19h à 21h

    Invitation (pdf)

    EXPOSITION OUVERTE
    du mardi 8 avril au vendredi 30 mai 2025
    du mardi au vendredi de 14h à 18h
    17 mai (Nuit des musées) 16h-21h
    fermée le 1, 8, 29 mai

    Croquis de femmes en chapeaux, crayon (détail).
    N° inv. Rys. 023.16, Collections artistiques IBPP


    Cracovie, Munich et une jeune fille aux chrysanthèmes

    Olga Boznańska est née à Cracovie, dans une famille aristocratique. Son père, Adam Nowina-Boznański (1836-1906), issu d’une famille de petits propriétaires terriens, prend part à l’Insurrection de Janvier 1863. Il étudie à Vienne, puis en France, où il rencontre une Française, Eugénie Mondant (1832-1892), professeure diplômée, future épouse et mère d’Olga. Le 15 avril 1865 naît Olga dont les talents artistiques se manifestent dès son plus jeune âge. Elle apprend d’abord le dessin sous la direction de sa mère. « J’étais une petite fille de six ans et je dessinais déjà », se souvient l’artiste. Plus d’une dizaine de charmants pastels représentant des bergers, des fleurs et des religieuses datent de cette période. Tous sont signés par Olga du nom de son père « Nowina ».

    Sa formation d’artiste débute à Cracovie. Son premier professeur est Józef Siedlecki, collectionneur, artiste, une personnalité singulière, qui incite Boznańska à tout copier, en particulier les reproductions de tableaux de sa propre collection qui sont éditées par le marchand parisien d’art Adolphe Goupil. Dans les années qui suivent (1884-1885), elle se forme, en suivant les cours supérieurs pour femmes d’Adrian Baraniecki (le « Baraneum »). Hipolit Lipiński (1846-1884) lui enseigne la peinture de paysage, Antoni Piotrowski (1853-1924) l’étude d’après un modèle vivant, et Konstanty Maria Górski (1859-1924), critique d’art et historien, les bases de l’histoire de l’art. Leurs enseignements ont eu une influence considérable sur la jeune artiste en devenir.

    C’est à la même époque qu’elle décide d’élargir ses horizons. La ville de Cracovie est certes tenue pour un formidable foyer artistique, la ville du décadentisme à la Maeterlinck (1862-1949), de Zenon Przesmycki « Miriam » (1861-1944) ou de Stanisław Przybyszewski (1868-1927), cette mélancolie traverse les œuvres de Boznańska, mais l’artiste ne s’arrête pas là, elle est toujours à la recherche de la perfection dans le maniement de la matière picturale. Ainsi, bien que Cracovie soit le lieu de son premier atelier indépendant, le peintre se rend à Munich, après seulement quelques mois de cours au Baraneum (au milieu de l’année 1885). C’est là que Boznańska s’installe pour douze ans, jusqu’en 1898 et c’est en ces termes qu’elle évoque sa formation : « Je peignais avec acharnement du matin au soir, je ne sortais presque pas, vivant de l’enthousiasme pour l’art ».

    À cette époque, l’artiste étudie les peintures de Diego Velázquez (1599-1660) dont les originaux sont conservés à l’ancienne Pinacothèque de Munich. Olga habite à distance d’une simple promenade de l’ancienne Pinacothèque, elle y est un visiteur assidu. Outre Velázquez, l’attention de l’artiste se porte sur l’œuvre d’Antoon van Dyck (1599-1641), elle produit des copies du Portrait du peintre Pieter Snayers et la Descente de la Croix ainsi que d’autres copies des maîtres anciens qui se trouvent aujourd’hui dans les collections de la Bibliothèque Polonaise de Paris).

    Parmi les tableaux de l’époque munichoise se distingue la Fille aux chrysanthèmes (1894), le véritable crédo de l’artiste. Se stabilise aussi la gamme des gris, des bruns, des noirs, des verts, des blancs et des roses. Naissent également ses premières interprétations de la tradition picturale qui vont désormais constituer l’élément constant du langage et des thèmes abordés dans son œuvre, à savoir le portrait individuel, la maternité, l’image de l’enfant ou l’atelier de l’artiste. Le japonisme, populaire alors à Munich, influence le symbolisme de l’univers visuel de Boznańska : qu’il s’agisse d’une fleur dans la main d’une petite fille ou d’un cadrage serré comme dans les estampes Ukyo-e. La peintre utilise aussi, pour la première fois, les moyens photographiques dans le contexte de ses recherches autour du portrait.

    Un portrait privé des mains est une invention de la photographie. Quel plaisir de peindre une main, surtout quand elle est belle, sèche, veinée, avec de longs doigts ! Chaque main possède son expression, son tempérament, son caractère. Elle est le complément psychologique du visage.

    Boznańska consigne la réalité munichoise dans ses carnets de croquis. Leurs pages sont remplies de paysages arborés et de croquis éclairs de personnages, de silhouettes, de passants, comme en témoignent les dessins de cette période. Elle développe aussi la technique du pastel, élément important dans la construction de la matière colorée d’un tableau, particulièrement important dans le cadre de ses études de portraits. L’œuvre de James Abbott McNeill Whistler (1834-1903) vue lors de l’exposition de Munich complète les sources d’inspiration et ses repères artistiques. Dans les portraits de cette période, on trouve des références directes au peintre anglais, tant pour le choix de la composition – portrait en pied – que dans la mise en forme de l’espace pictural : emploi d’un fond uni, avec de larges aplats de couleurs, vaguement délimités. Avec son attrait pour l’introspection psychologique commence la plus longue étude picturale dans la vie de l’artiste, à savoir celle de son propre visage. À Munich débute une série de plus de trente autoportraits que Boznańska réalisera jusqu’à la fin de sa vie.

    Paris pour toujours ?

    Boznańska, artiste formée déjà, arrive à Paris et y passe quarante-deux ans de sa vie. Changeant trois fois d’adresses, elle reste toutefois fidèle au quartier du Montparnasse. La première exposition de son travail, à la galerie Georges Thomas, présente vingt-quatre œuvres de l’artiste, principalement des portraits à l’huile, mais aussi des natures mortes et des esquisses à l’aquarelle.

    Nous savons que la peintre suivait sa propre stratégie d’exposition, minutieusement élaborée. Outre les expositions chez des marchands d’art familiers, ceux qui comprenaient son art, Boznańska privilégiait les salons et les grandes expositions internationales. Au Salon de la Société nationale des beaux-arts, elle expose pour la dernière fois en 1927, et au Salon des Tuileries en 1930. Elle participe volontiers à des expositions réservées aux femmes peintres et sculpteurs, comme en témoigne l’exposition du collectif Les Quelques en 1909, 1910, 1913 et 1929, ou sa participation à celle de la galerie Reitlinger. Dans les années 1930, Boznańska rejoint le groupe FAM (Les femmes artistes modernes) qui accueille d’autres Polonaises dont A. Halicka, T. Lempicka et M. Muter.

    À Paris, Boznańska n’est jamais seule. Son atelier-œuvre reçoit les visites de femmes artistes, de musiciens, d’écrivains, il est aussi un véritable jardin zoologique (deux chiens, un perroquet et des souris apprivoisées). Toujours en 1902, à Montparnasse, Olga fait la connaissance du jeune sculpteur Boleslas Biegas. Ce dernier vient d’arriver à Paris. Inspiré par leur rencontre, le sculpteur réalise peu après un buste de Boznańska qui sera montré lors de la XVIIe exposition de l’Art Nouveau (Sécession) à Vienne. Désormais, la peintre entretiendra une relation amicale avec Biegas, et plus tard, elle deviendra proche du couple de ses mécènes, Jadwiga et Henryk Trüschtel. Olga peint leurs portraits. Dans la collection de l’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris, six œuvres d’Olga Boznańska proviennent de l’héritage de Bolesław Biegas.

    L’expositions Cent tableaux qui se tient en 1909, dans la galerie du Petit Musée Beaudoin (au 253 rue St. Honoré), où Boznańska présente ses peintures, suscite chez elle une vive sensation dont elle parle à une de ses amies :

    Mes peintures sont belles parce qu’elles sont vraies, honnêtes, dignes d’une dame, il n’y a pas de mesquinerie là-dedans, pas de maniérisme, pas de fadeur. Elles sont calmes et vivantes, comme si un léger voile les séparait des spectateurs. Elles ont leur propre atmosphère. J’ai exposé 30 tableaux, j’aurais pu en exposer deux fois plus, mais il n’y avait pas eu de place. Une salle très noble, une lumière magnifique, des murs tapissés de velours gris, d’une couleur « très discrète».

    À Paris, Boznańska choisit consciemment le portrait comme terrain d’expérimentation picturale. C’est également le portrait qui lui assure un nombre constant de commandes et une reconnaissance adéquate. Au fil du temps, elle assoit sa réputation sur le marché de l’art, le gouvernement français commence à acquérir ses œuvres, on lui demande d’exécuter le portrait de personnalités importantes comme Natalie Barney, Pierre Tournier, Edouard Franchetti et Arthur Rubinstein. L’artiste revient toujours à Cracovie où se trouve sa maison familiale, dont elle s’occupe après la mort de son père. Bien qu’elle hésite à plusieurs reprises à retourner en Pologne, elle ne se décide jamais à quitter Paris, même quand on lui propose à deux reprises un haut poste à l’Académie des Beaux-Arts à Cracovie. Dans une lettre à son père, elle en parle sincèrement.

    Je suis heureuse que l’affaire de l’Académie de Cracovie soit terminée, et je ne sais même pas comment en remercier Dieu, et puis M. Fałat. Maintenant, je peux me rendre à Cracovie sans crainte ; jusqu’à présent, je tremblais rien qu’à l’idée de tomber entre les mains de toute cette bande qui m’envie ma liberté et mon prétendu bonheur… Je ne me sens pas, et je ne me suis jamais sentie obligée de sacrifier ma peinture et moi-même pour quelques sottes et pompeuses demoiselles qui, faute d’autre chose à faire, s’adonneraient à l’art. Pour faire cela, je prends ma profession trop au sérieux… j’ai ce bonheur, et je n’en veux pas d’autre au monde ; dès que je ne pourrais plus peindre, je devrais cesser de vivre.

    En 1938, à l’invitation du commissaire du Pavillon polonais, Mieczysław Treter (1883-1943), Boznańska participe à la 21e Biennale de Venise, où elle expose vingt-sept œuvres. Cette exposition a lieu deux ans avant la mort de l’artiste. Cinq tableaux sont vendus pendant l’exposition, dont l’un, Portrait de Constance Dygatowa, est acheté par le roi Victor Emmanuel III d’Italie, pour la collection de la Galleria Internazionale d’Arte moderna – Ca’ Pesaro, de Venise. Au cours de sa vie, Boznańska a peint plus de 3 000 tableaux. La majeure partie de ses œuvres et de ses archives (épistolaires et photographiques) est conservée au Musée national de Cracovie. Les peintures que nous présentons à l’Institut Bibliothèque Polonaise de Paris ne sont qu’un aperçu de l’ensemble, mais c’est un extrait symbolique qui résume la richesse de la quête artistique d’Olga Boznańska et de sa vie passée entre Cracovie, Munich et Paris.

  • SIUDMAK. SCULPTEUR

    SIUDMAK. RZEŹBIARZ

    Durée de l’exposition 28.02.2025 au 28.03.2025

    • Invitation (pdf)
    • Zaproszenie (pdf)

    Wojciech Siudmak – peintre, dessinateur, sculpteur. Né le 10 octobre 1942 à Wieluń, il a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie ainsi qu’à l’École des Beaux-Arts de Paris. Depuis 1966, il vit et crée en France. Considéré comme l’un des principaux représentants du réalisme fantastique, il est également associé au courant naissant du néo-surréalisme. Il est l’un des artistes liés à la Pologne les plus connus. Ses oeuvres sont répandues dans le monde entier : elles apparaissent sur des couvertures de livres et d’albums ainsi que sur des affiches de films et d’événements scéniques. Son travail a fasciné des figures telles que Federico Fellini ou George Lucas, et actuellement Denis Villeneuve, le réalisateur de Dune, film primé aux Oscars. Il est le créateur du Projet Mondial la Paix. Ses peintures, dessins et sculptures ont été présentés lors de plus d’une centaine d’expositions, principalement individuelles, en Europe et en Amérique du Nord.

    Au coeur de Paris, sur l’île de Saint-Louis, lieu privilégié de l’histoire et de la culture polonaises, cet événement est la première exposition entièrement consacrée à l’oeuvre sculpturale de l’un des plus éminents artistes vivants associés à la Pologne, Wojciech Siudmak. L’artiste pratique cette discipline depuis la fin des années 1970 et, à côté de la peinture et du dessin – pour lesquels il est le plus connu du grand public – c’est la sculpture qui est son principal moyen d’expression artistique. L’exposition présente de nombreux moulages en bronze ainsi que des modèles et des prototypes. Les sculptures sont accompagnées de dessins et d’esquisses, révélant le processus de formation d’idées, de thèmes et de compositions surréalistes, que l’artiste ensuite concrétise dans l’espace. Les sculptures de Wojciech Siudmak, comme l’ensemble de son oeuvre, constituent une sorte de pont poétique entre l’héritage des maîtres anciens, le symbolisme et le surréalisme, et ce qui est présent, futur et encore inconnu.

    • Vernissage de l’exposition
  • Gombrowicz et la France

    GOMBROWICZ ET LA FRANCE,
    Prendre par les cornes le taureau de la supériorité occidentale !

    27.11 – 31.01  du mardi à vendredi – 14h00 – 18h00

    GOMBROWICZ I FRANCJA,
    Złapać za rogi byka wyższości zachodniej!

    27.11 – 31.01 od wtorku do piątku – od 14:00 do 18:00

    Gombrowicz, dès son premier séjour en France cherche y trouver sa place et être reconnu sa juste valeur quand il est étudiant  Paris en 1928, ensuite en tant qu’écrivain quand il revient en Europe en 1963 après son exil argentin. De son premier séjour il note dans Souvenirs de Pologne : « J’ai pris pour la première fois par les cornes ce taureau auquel j’ai dû m’affronter plus d’une fois par la suite, le taureau de la supériorité occidentale ! ». Dans sa vie d’écrivain, il essaie d’établir une vraie stratégie de lutte pour la gloire, avec l’aide du cercle des intellectuels polonais de Kultura Institut Littéraire et des éditeurs et critiques français. La France devient par la suite non seulement l’endroit où l’accomplissement et la reconnaissance de son œuvre sont possibles mais aussi le pays que Gombrowicz choisit pour y passer les dernières années de sa vie.

    • Vernissage de l’exposition
    • Finissage de l’exposition